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Apéros-débat : Ethique & Science

Mardi 15 janvier 2019 à 18h

A l’occasion de l’exposition Sous influences : La Science du Choix, l’ESPGG propose aux étudiants un cycle de trois apéros-débats pour se confronter aux controverses de l’actualité.

Bioéthique, Changement climatique ou encore Science & Féminisme : venez échanger avec des expert·es, vous emparer de ces thématiques et décidez vous même des suivantes.

Mardi 15 janvier - 18h
World café - Apéro-Débat
Ethique & Science

Naissance de jumelles génétiquement modifiées, vente d’armes à l’étranger, révision des lois bioéthiques : l’actualité est ponctuée de questions éthiques étroitement associées aux sciences.
Pour ce deuxième Apéro Débat, l’ESPGG propose d’interroger ses pratiques lors d’un world café.

Discussions en petits comités et échanges avec des expert·es seront au rendez-vous de cette soirée « Ethique et sciences ».

Avec :

  • Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à la Faculté de médecine de l’Université Paris-Sud-Paris-Saclay, président du Conseil pour l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique (POLETHIS) de l’Université Paris-Saclay, directeur de l’Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France et de l’Espace national de réflexion éthique sur les maladies neurodégénératives.
  • Alexei Grinbaum, Chercheur en physique et en éthique des sciences et technologies, CEA-Saclay/LARSIM, Poléthis

Dès leur scolarité, les chercheur·es sont confronté·es à l’éthique scientifique. Que ce soit dans le choix d’un stage ou dans le cadre d’un projet d’étude, il est important que les élèves se posent les bonnes questions. Quels sont leurs choix en matière d’éthique ?

L’ESPGG a invité Alexei Grinbaum, expert en éthique des sciences, pour échanger avec les élèves ingénieur·es de l’ESPCI Paris.

La première question du public concerne la définition de l’éthique.
Quelle est la différence entre l’éthique, la morale, ou encore la déontologie et l’intégrité ?
Le chercheur nous répond. L’éthique dans la recherche est la réflexion et le jugement d’une recherche. Il y a trois aspects à l’éthique : la déontologie (les règles qui existent), le jugement sur les conséquences (en fonction des conséquences, on considère a posteriori de l’éthique d’une recherche) et la vertue du (ou de la) chercheur·e (si c’est une personne qui est “quelqu’un·e de bien”, intègre et honnête ou non, on juge différemment ses recherches et leurs conséquences).

Le groupe réfléchit à l’idée que l’éthique est bien souvent plus lente que la recherche, ses découvertes et ses avancées. C’est pourquoi il est important d’anticiper ces questions, d’y réfléchir en amont. Un élève explique que de nombreux laboratoires se dotent d’un comité d’éthique. Certaines expériences vont alors nécessiter l’accord de ce comité.
L’intervenant raconte l’exemple des recherches qui utilisent les données personnelles des patient·es. Si un (ou une) chercheur·e souhaite l’accès aux données personnelles de nombreux patient·es pour établir des modèles et observer les corrélations, il lui faut une autorisation particulière.

Le débat se tourne alors sur l’éthique et les algorithmes qui modifient la recherche et la société. Que doit faire une machine face aux dilemmes moraux ? Pour le chercheur, auteur du livre “Les Robots et le mal” la solution est de laisser l’éthique à l’humanité : face à un dilemme où il n’existe pas de bonne réponse, l’intelligence artificielle doit passer par le hasard pour résoudre le problème.

Qu’en est-il de l’éthique dans la conception de ces algorithmes ? Faut-il rendre le code des algorithmes accessible à toutes et à tous ? Suffit-il de demander le consentement d’une personne avant de laisser un algorithme prendre une décision importante ? Face à la complexité des algorithmes, le consentement peut-il vraiment être considéré comme éclairé ? Autant de questions qui sont au cœur des discussions gouvernementales à l’échelle de l’Europe. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) en est un bon exemple.

La discussion s’achève sur des histoires personnelles et des cas pratiques où l’on échange sur la bio-éthique, l’Europe ou encore la médecine. L’éthique est finalement un outil indispensable pour accompagner le ou la chercheur·e dans ses choix de recherche et dans sa pratique au quotidien.