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Conférence-débat : Le Brexit, un choix sous influences ?

Lundi 25 mars, de 18h30 à 20h

Le Brexit, un choix sous influences ?
À quelques jours du divorce entre l’Europe et le Royaume-Uni, vous êtes invité·es à discuter la géopolitique de ce choix avec des expert·es de la question.
Quelles sont les causes du Brexit ? Quelles seront les conséquences de cette décision ?

Les intervenants :

  • Thibaud Harrois, Maître de conférence en civilisation britannique, à l’université de la Sorbonne
  • Olivier de France, Directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS)

Cet événement est organisé dans le cadre de l’exposition « Sous Influences, la Science du choix ».

Lundi 25 mars 2019, à l’ESPGG, de 18h30 à 20h

La soirée commence par le constat, acerbe mais juste, d’un membre du public : le Brexit revêt toutes les caractéristiques de la tragédie : un groupe de protagonistes fait des choix aux lourdes conséquences et se retrouvent prisonnier·ères de ces choix jusqu’à atteindre un dénouement funeste.
Pour les intervenants, la réalité est à peine nuancée.

Ils reviennent pas à pas sur cette chronique d’une catastrophe annoncée : la manœuvre politique de David Cameron qui se retourne contre lui, puis la campagne du leave basée sur une notion noble (la volonté d’un peuple à disposer de sa politique) pervertie par de la démagogie et un populisme émotionnel plus que rationnel.
En plaçant le débat du côté de la question identitaire, les pro-brexit n’ont pas eu besoin d’argumenter davantage, explique l’un des intervenants.
Quoi qu’il en soit, l’idée même de proposer un référendum pour imposer une décision irrévocable (et avec de telles conséquences) est en soi discutable, répond l’autre.
Pour eux, le Gouvernement britannique étant pragmatique (se basant sur la jurisprudence et n’ayant pas de Constitution pour l’appuyer) il n’a pas vraiment su quoi faire du résultat du référendum.

“Quand on propose un référendum, on sait la question que l’on pose, mais on ne connaît pas la question à laquelle le peuple va répondre !”

Lancé sans y croire, et donc sans en anticiper les conséquences, le référendum du Brexit a mis tout le monde dans une situation incompréhensible, nous expliquent-ils. Le Gouvernement britannique a sous-estimé le projet politique de l’Europe. Pour lui, l’Europe était avant tout un projet économique. Il ne s’attendait pas à ce que les autres pays soient aussi unis sur la question du Brexit. Après s’être interrogé sur la responsabilité du Gouvernement, le débat se tourne sur Theresa May. Les intervenants rappellent qu’elle a voté contre le Brexit pendant le référendum. Comment l’Histoire retiendra son implication ? Était-il possible de tout obtenir et donc de tenir cette position ?
Pour eux, l’issue du brexit est impossible à prédire. Hard, soft, no deal ou même annulation pur et simple, tout est possible.

Le débat s’ouvre sur l’Europe. Le Brexit soulève la question de la place de la démocratie directe dans nos vieux régimes représentatifs. Comment, (et pourquoi) l’intégrer ?
C’est une question qui résonne avec l’actualité française et la crise des gilets jaunes.

Le groupe s’interroge alors : Cette envie de reprendre la main, de participer aux décisions via la démocratie directe, est peut être une réponse à la montée du pouvoir des grandes entreprises du GAFA, dont les chiffres d’affaires sont similaires à des PIB, dont les algorithmes ont de plus en plus d’incidence sur nos vies et qui contrôlent bien des aspects de nos sociétés sans se donner la peine d’être démocratique.