Skip to content

Accueil > Evénements > Evénements passés > Conférences L’Utérus Artificiel - Mardi 25 juin

Conférences L’Utérus Artificiel - Mardi 25 juin

L’Utérus Artificiel implique la possibilité d’une gestation complète d’un bébé, dans un incubateur extra-corporel. Certains se questionnent sur la faisabilité d’une telle machine, d’autres imaginent une société de l’U.A.

Fixience organise au sein de l’Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes - ESPCI ParisTech un cycle de trois conférences autour de ce thème.

Entrée libre

Conférence 1 : Obstacles techniques et barrières symboliques

La première conférence s’attachera à faire l’état des lieux des obstacles qui se dressent devant la réalisation d’un utérus artificiel. Un état des lieux des obstacles techniques tout d’abord : que dit la recherche actuelle à ce sujet ? Y a-t-il réellement une impossibilité technique ? Est-ce une chimère des temps futurs ou une réalité qui prendra forme plus tôt qu’on ne le croit ? Au-delà des obstacles techniques, se profilent aussi avec force, des interdits moraux. La conférence étudiera donc ces obstacles fondamentaux : quels sont les normes et les repères culturels, sociaux, psychologiques et médicaux qui dominent notre manière de concevoir la reproduction ? Sont-ils légitimes et d’où tirent-ils cette légitimité ?

Le rôle du corps médical et de l’obstétrique dans l’établissement de ces normes sera également abordé, de même que les questions d’éthique scientifique, qui sont essentielles et définissent le cadre et les limites à ne pas franchir pour la recherche, en particulier lorsque cela touche la manipulation d’embryons.

Mardi 16 avril à partir de 19h30
Salle Champetier

Avec :
Henri Atlan - biologiste, philosophe des sciences et auteur de L’Utérus Artificiel
René Frydman - médecin/obstétricien, père du premier bébé éprouvette français
Françoise Héritier - anthropologue et ethnologue

Animé par :
Sophie Bécherel - journaliste scientifique

Vous pouvez consultez le compte-rendu de la conférence ici

Conférence 2 : La maternité, un enjeu de pouvoir

Mater semper certa est, disait l’adage romain : la mère est toujours connue de manière sûre. Avec l’utérus artificiel, la dimension corporelle de la maternité ne sera plus essentielle ou nécessaire, mais optionnelle. Si bouleversement il y a, c’est donc d’abord pour les femmes, les mères. C’est pourquoi cette deuxième conférence s’attachera principalement à la question particulière des conséquences de l’utilisation d’utérus artificiel sur la vie et la place des femmes dans la société.

La grossesse telle que nous la connaissons aujourd’hui deviendrait alors un mode d’engendrement parmi d’autres, sans préséance aucune, mais susceptible d’être choisi, et non plus subi par les femmes ; une liberté qui délivrerait alors les femmes d’une contrainte ancestrale liée à l’enfantement physique. Serait-ce donc une chance pour le corps féminin de se libérer d’une telle contrainte et de s’approprier enfin des rôles sociaux réinventés ? Faut-il au contraire y voir la perte d’un pouvoir détenu par les seules mères ? Quelles conséquences sur la perception du corps féminin dans l’inconscient collectif et par les femmes elles-mêmes ?

La définition de la maternité pourrait également ne plus être basée sur le corps mais bien sur le projet parental, ce qui favoriserait (peut-on l’espérer ?) une certaine égalité procréative entre parents. Qu’implique réellement, politiquement et socialement, la mise au monde d’enfants sans grossesse ni accouchement ?
Quels nouveaux droits, et quelles nouvelles responsabilités, pour ces femmes qui pourraient être mères sans jamais plus accoucher ? Quelles garanties juridiques pour que la grossesse naturelle reste un choix ? Quelles conséquences sur les couples ?

Mardi 21 mai à partir de 20h
Amphi Langevin

Avec (sous réserve) :
Marie Gaille - philosophe spécialiste de politique, de morale et médecine
Laurence Brunet - juriste, chercheur à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne
Mylène Botbol-Baum - professeure de philosophie et bioéthique - Université Catholique de Louvain

Animé par :
Sophie Bécherel - journaliste scientifique

Vous pouvez consultez le compte-rendu de la conférence ici

Conférence 3 : L’U.A. : négation de l’humain ?

Entre réalité médicale et objet de science-fiction, véritable machine à penser, l’utérus artificiel interroge tour à tour la société et l’être humain. L’idée d’utérus artificiel produit une quantité de projections, héritées d’une culture SF abondante, mais aussi de craintes et de croyances profondément ancrées. On y voit déshumanisation, contrôle des naissances, désacralisation de la maternité, eugénisme et sociétés de castes génétiques, disparition du cercle familial, manipulation des individus…

La troisième conférence s’attachera à imaginer les mutations générationnelles qu’engendrerait l’utérus artificiel, socialement et individuellement. Les meilleurs mais aussi les pires scénarios sont à envisager, avec pour terreau la littérature SF. L’exercice sera aussi anthropologique, puisque nous interrogerons l’évolution actuelle de la société humaine dans son rapport à la connaissance scientifique et aux biotechnologies.

L’Homme a su déconstruire nombre de croyances ancestrales et continuera très certainement. Ainsi, et finalement, l’utérus artificiel ne serait-il pas qu’un prolongement « naturel » de cette évolution des pensées amorcée par la naissance de la technique et accélérée avec les sciences modernes.

Faut-il reconsidérer la notion d’humanité et en particulier son rapport à la nature ? Ce qui nous rapproche de l’état de nature est-il ce qui fonde notre humanité ou au contraire est-ce notre capacité à dépasser cet état de nature ?

Mardi 25 juin à partir de 20h
Amphi Langevin

Introduction artistique : conte récité par Isabelle Sauvage - conteuse de science

Avec :
Sylvie Allouche - philosophe spécialiste de la représentation du corps dans l’univers Science Fiction
Philippe Descamps - philosophe spécialiste du genre, de la bioéthique et de la naissance
Marika Moisseeff - ethnologue et psychiatre, spécialiste de science fiction, CNRS

Animé par :
Jean-Marc Galan - médiateur scientifique, chercheur et membre du groupe Traces

Portfolio