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Semaine du cerveau : Le libre arbitre existe-t-il ?

Mardi 12 mars de 18h30 à 20h : Conférence mouvante

Lorsque notre comportement et nos choix peuvent être expliqués grâce aux neurosciences et aux sciences sociales, peut-on encore parler de libre arbitre ? Qu’en pensent les chercheur·es et les philosophes ?

Pour animer cette réflexion, l’ESPGG propose un débat mouvant : une table ronde où le public doit se placer dans l’espace en fonction de ses convictions (à gauche : oui le libre arbitre existe ; à droite : non ; au milieu : ne se prononce pas). Puis, au fur et à mesure que la table ronde se déroule et que les échanges s’enrichissent, le public est invité à se repositionner.

Un événement organisé dans le cadre de la Semaine du Cerveau.

Intervenant·es :
Jean-Baptiste Guillon,
Métaphysique et Philosophie de la connaissance au Collège de France

Nathalie Labrousse,
Doctorante en science de l’éducation
À l’Université Paris Descartes

Armelle Rancillac,
Neuroscientifique
Collège de France

Pour explorer la notion de libre arbitre, rien de tel qu’un débat mouvant où le public se positionne sur la question, avant de changer d’avis.

La discussion commence tout en douceur avec le point de vue de Nathalie Labrousse, doctorante en science de l’éducation. Elle explique que notre cerveau possède au moins deux systèmes de gestion des choix. Le “système 1” gère les situations d’urgence et les décisions “instinctives” alors que le “système 2” prend le temps, pèse le pour et le contre avant de réagir.
Pour cette chercheuse, le libre arbitre est l’autonomie de la pensée, ce que chaque adolescent·es doit acquérir au cours de son éducation.
La question n’est donc pas de savoir si le libre arbitre existe ou non. C’est un besoin, il se mérite, il doit s’apprendre.

Si l’intervention se veut neutre, le premier vote est sans appel : le libre arbitre n’existe pas pour la très grande majorité des personnes présentes. Il y a malgré tout quelques indécis·es et des fervent·es défenseur·seuse du libre arbitre.

Jean-Baptiste Guillon, philosophe de la connaissance a réalisé une thèse sur le libre arbitre. Il croit en son existence. Il explique que dans toutes les sociétés humaines étudiées, on observe une croyance naturelle pour le libre arbitre. Il définit le libre arbitre comme le fait que nous sommes l’origine véritable de nos actions mais aussi comme la condition nécessaire à notre responsabilité morale.
Il ajoute que cette pensée s’oppose à la pensée déterministe qui considère que nos choix sont le résultat d’un mélange de causalité, de stimulations sensorielles, de l’environnement, de notre activité cérébrale et de nos gènes.
Il décrit aussi les compatibilistes qui parviennent toutefois à faire totalement cohabiter ces deux premières idées et les indéterministes qui pensent que le libre arbitre existe malgré des influences extérieures.
Le chercheur termine son intervention en rappelant que la science et la philosophie sont complémentaires lorsqu’il s’agit de répondre à ces questions. Ici, la philosophie aide à donner un cadre de définition permettant une réflexion approfondie.

Dans de telles conditions, le public plébiscite le libre arbitre qui obtient la majorité du second vote. Le nombre d’indécis·es grandit alors que les voix contre l’existence du libre arbitre se sont réduites de moitié.

Le second vote est suivi par la prise de parole de Armelle Rancillac, neuroscientifique.
Pour cette chercheuse il ne peut pas y avoir de libre arbitre. L’observation des comportements de la souris montre par exemple que les caractères stéréotypés comme la dominance sont déterminés génétiquement. Les traumatismes et l’environnement entraînent également un comportement quasi systématique.
Si on cherche le libre arbitre dans la prise de décision, la capacité à faire un choix, le cerveau agit sous une influence telle qu’il est difficile d’imaginer l’existence d’une autonomie de la pensée.

Le public se remet à douter avec une majorité de vote contre. L’indécision diminue pour affirmer les positions de chaque côté de la balance.

Le débat s’installe avec le public. Est-ce une question d’échelle, de contexte, de moment ? Et finalement Spinoza, qu’est-ce qu’il en sait ? N’est-ce pas une invention de Saint Augustin pour expliquer l’existence du mal ? Et la conscience dans tout cela, elle existe ? Indépendante du corps ? La capacité de l’Humanité à créer, à imaginer, à innover, n’est-ce pas cela, la preuve du libre arbitre ?

La soirée s’achève sur un dernier vote où les indécis·es n’ont jamais été si peu nombreux·euses. VERDICT : le libre arbitre existe… a une voix près !